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Procès Kamerhe: incertitudes sans fin! – CONGO COURRIEL
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A 24 heures du prononcé du jugement par le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, dans l’affaire opposant le ministère public au citoyen Kamerhe, directeur de cabinet du Chef de l’État, même les observateurs les plus avertis semblent incapables de prédire de quoi la journée du 20 juin sera faite.

Le procès/100 jours, il faut le dire, est depuis peu au centre de toutes les conversations. Il est sans conteste le plus suivi de l’année 2020. Ce, simplement parce qu’il a mis en exergue la classe dite « intouchable ».

La comparution du directeur de cabinet du Chef de l’État, le défilé à la barre tant des Ministres en fonction que de ceux honoraires, sans oublier des conseillers à la Présidence de la république et bien des autres personnalités politico-administrative,…, le procès/100 jours a réuni tous les ingrédients d’un événement qui requiert une attention particulière.

De l’instruction à la fin des plaidoiries, les juristes et les analystes politiques n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur l’issue du procès de Vital Kamerhe et consorts. Dans les médias, les points de vue divergent selon que l’on est de tel ou tel autre camp politique et le peuple dans cette situation, s’en est remis à sa propre intuition.

Jeudi 18 juin, la cour constitutionnelle à travers son greffier divisionnaire a, dans une correspondance adressée à la greffe du tribunal de grande instance de la Gombe, demandé toute affaire cessante, la transmission du dossier judiciaire de Vital Kamerhe, conformément aux articles 162 de la constitution et 65 du règlement intérieur de la Cour Constitutionnelle.

Sur ce, l’on se souviendra que le 11 juin dernier lors de la plaidoirie, une exception d’inconstitutionnalité a été soulevée par les avocats du Directeur de cabinet Vital Kamerhe devant le tribunal.
Exception à laquelle, le juge n’a pas réservé de suite.


En réponse, le greffier divisionnaire du tribunal de grande instance de la Gombe a, en date du vendredi 19 juin, notifié à son destinataire ce qui suit: « Après audience publique et foraine du 11 juin 2020, un délai de 48 heures a été donné à la greffière pour réceptionner les notes des plaidoiries des parties ainsi que la mise au propre de ses procès-verbaux d’audiences ». La lettre poursuit: « Après ce délai, le dossier a été transmis au président de la chambre le samedi 13 juin 2020. À ce stade, mon greffe se trouve dans l’impossibilité de vous transmettre ledit dossier ».

Cette correspondance du greffier divisionnaire du tribunal de grande instance de la Gombe vient replonger l’opinion dans un imbroglio sans précédent. Si pour certains, le juge procédera demain au prononcé du jugement parce que dans ce cas de figure, il n’a plus des comptes à rendre à qui que ce soit; d’autres estiment contre toute attente que le président intérimaire du tribunal de grande instance de la Gombe qui est repris en copie par la correspondance de la Cour Constitutionnelle procédera à un jugement avant dire droit. Ce qui signifie qu’il va surseoir en attendant l’arrêt de la Cour Constitutionnelle en réponse à la requête des avocats de monsieur Kamerhe. Ce n’est qu’après cela que le tribunal pourra prononcer son jugement.

Pour rappel, le prévenu Kamerhe est poursuivi pour les infractions présumées de détournement des deniers publics, blanchiment des capitaux et corruption.
La journée de demain est donc attendue avec empressement et engouement!

Clarisse Mulenda

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