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Dix ans après la publication du rapport Mapping, les congolais continuent d’exiger la mise en l’application de ses recommandations – CONGO COURRIEL
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La découverte fin 2005 par la MONUC (Mission des Nations Unies au Congo), actuelle MONUSCO(Mision des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) de trois fosses communes dans le Nord-Kivu s’est imposée comme élément déclencheur des enquêtes qui ont abouti au rapport Mapping. Ce projet a mobilisé plus d’une vingtaine d’enquêteurs indépendants qui, pendant presqu’un an ont recensé par ordre chronologique et par province 617 incidents des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de possibles crimes de génocide commis depuis plus d’une décennie.

Le 01er octobre 2010, le Haut-commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme publiait son rapport Mapping sur les crimes les plus graves commis en République Démocratique du Congo entre 1993 et 2003. Cette enquête sans précédent avait pour objectif de mettre un terme à plus d’une décennie d’impunité en sanctionnant les auteurs desdits massacres.

Aujourd’hui, dix ans après la publication de ce rapport, aucun de ces crimes n’est jugé et ses recommandations sont demeurées lettre morte ; il n’y a eu ni justice, ni réconciliation.

Plusieurs voix se sont faites entendre quant à ce. Du côté de la classe politique, on a noté la réaction de Martin Fayulu qui a exprimé via son compte Twitter, son voeu de voir la mise en application des recommandations de ce rapport,  » dix ans après la publication du rapport Mapping, le sang des congolais crie justice et réparation. Congolaise et congolais, mobilisons-nous, tous, en vue de la création d’un Tribunal Pénal Internationl pour la RDC.  » peut-on lire sur le compte tweeter du président de l’ECIDé.

Pour sa part, l’Association pour l’Accès à la Justice ACAJ a également manifesté la volonté d’accompagner les victimes dans la quête de la justice. « 10 ans après la publication du rapport Mapping, l’ACAJ s’associe aux victimes et ONG des Droits de l’Homme pour réclamer la création d’un mécanisme judiciaire crédible devant poursuivre les auteurs et complices des crimes y recensés.  » a indiqué Georges Kapiamba, son coordonnateur.

De son côté, le Docteur Denis Mukwege qui répondait aux questions de nos confrères de la RFI, a déclaré mener des plaidoyers afin que les recommandations de ce rapport soient appliquées. Il a par la même occasion, encouragé le peuple congolais à s’engager pour pousser le Président de la République à aller de l’avant, il regrette par ailleurs le fait que le Gouvernement congolais ne mette pas un accent sur le volet judiciaire.

 » La RDC a à sa tête un chef de l’État qui a les mains propres par rapport à toutes ces graves violations des Droits de l’Homme et qui a demandé au Gouvernement de travailler à la mise en place d’un mécanisme de justice transitionnelle. Les deux décrets em étude sur la table de son Gouvernement de coalition ne prévoient plus de volet judiciaire alors qu’un an plus tôt, Felix Tshisekedi évoquait encore l’idée de créer un tribunal spécial. Le fait que le peuple congolais se mette debout pour demander à ce que le Gouvernement puisse prendre ses responsabilités par rapport à ces crimes, c’est très encourageant. J’appelle le peuple congolais à demander à ce que justice soit faite. Personne ne le fera à notre place » a-t-il confié.

En attendant que ces résolutions soient appliquées, les congolais restent vigilants et attendent les sanctions à l’encontre des auteurs.

Joël Diawa

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