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Crise politique en RDC: Que déduire des démarches entreprises par la CENCO ? – CONGO COURRIEL
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Crise politique en RDC: Que déduire des démarches entreprises par la CENCO ?

La République démocratique du Congo traverse un moment très particulier de son histoire. Les tensions suscitées par la crise politique sont palpables. Les évêques catholiques réunies au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) prennent la mesure de la gravité de la situation et agissent en vertu de leur mission prophétique.

En effet, une délégation constituée du président , du vice-président et du secrétaire général de cette structure des pères de l’Eglise a échangé tour à tour mercredi avec l’autorité morale du FCC, Joseph Kabila Kabange et le président en exercice de la coalition Lamuka, Martin Fayulu sur le nuageux qui couvre le ciel sociopolitique congolais actuellement.

Cependant, si cette approche est jugée opportune par plus d’un analyste politique, la complexité du problème laisse certaines personnes sceptiques quant à l’aboutissement heureux de cette démarche, au regard des positions prises par chacun des trois camps politiques à savoir CACH, FCC et Lamuka. Les prélats catholiques arriveront-ils à concilier ces positions qui sont les unes aux antipodes des autres ?

L’abbé Donatien Shole, secrétaire général de la CENCO a répondu à cette question à l’issue des échanges Kabila-CENCO et Fayulu-CENCO. Selon le prêtre, en initiant ces démarches, la CENCO cherche d’avancer vers une solution en faveur de la consolidation de la paix et de la démocratie, ainsi que le bien être du peuple. Néanmoins, l’impasse, c’est de trouver une solution qui puisse mettre d’accord toutes les parties prenantes.

Pour Martin Fayulu, la voie de sortie à cette crise politique demeure son plan qui plaide en faveur des réformes électorales et à l’organisation des élections anticipées à défaut du rétablissement de la vérité des urnes. Le point de vue du leader de l’Ecidé est très proche des propositions contenues dans le mémo de la CENCO adressée au chef de l’État en début de semaine. Cette similitude des points explique en partie l’optimisme affiché par le leader de Lamuka à travers son message tweeté en rapport avec les échanges qu’il a eus avec la délégation des pasteurs catholiques.

« Entretien très constructif avec le président, le vice-président et le secrétaire général de la CENCO. Résoudre la crise de légitimité est un impératif pour engager la RDC dans la voie de la paix, du développement et de la prospérité », a-t-il posté.

De son côté, le FCC qui boude les consultations initiées par le chef de l’État exige le respect de la constitution, à l’allusion faite au souhait de leurs alliés du CACH qui appellent à la requalification d’une nouvelle majorité parlementaire. Suite à crise, la plateforme chère au sénateur à vie reste favorable à la dissolution de la coalition FCC-CACH.  » Si on dissout la coalition FCC-CACH, nous allons en cohabitation avec toutes les conséquences qui en découlent », répète régulièrement l’aile dure du FCC en ajoutant que les élections anticipées sont aussi envisageables.

Par contre au CACH, on estime que la requalification de la nouvelle majorité n’énerve aucune disposition constitutionnelle. Les pro-Tshisekedi l’invitent à dissoudre l’assemblée nationale à défaut de former une nouvelle majorité parlementaire qui lui sera favorable.

La recette de la CENCO est donc très attendue au moment où le chef de l’État poursuivit encore les consultations avec différentes couches sociales. A la recherche de l’inclusion pour la promotion de la paix, des valeurs éthiques et démocratiques, les démarches des Évêques catholiques peuvent cependant se heurter à certaines sensibilités politiques qui comptent tirer leur bénéfice de cette crise. Car si la CENCO privilégie la paix, la majorité au sein de la classe politique visent les intérêts partisans au détriment de la cohésion sociale.

A titre de rappel, la CENCO avait proposé deux axes au chef de l’État, notamment la revitalisation de l’accord ayant créé la coalition FCC-CACH, ainsi que les réformes électorales pour juguler la crise. A entendre l’abbé Shole, il lieu que l’Eglise catholique puisse ajouter une nouvelle donne.

Charly Maduwa

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